Depuis le début de l'année 2020, plus d’une centaine de revues académiques, en grande majorité issues des sciences humaines et sociales françaises, se déclarent les unes « en lutte », les autres « en grève ». Read More
Prenant part au mouvement social
en cours, leurs comités de rédaction protestent à la fois contre le projet visant les
retraites, contre la réforme de l'assurance chômage adoptée à l’automne 2019 et
contre les propositions contenues dans les rapports pour la loi de programmation
pluriannuelle de la recherche 2 (LPPR). Par son ampleur et par sa forme – la
grève et le vote de motions qui incitent les comités de rédaction à sortir de leur
réserve habituelle –, cette mobilisation est historiquement inédite. La dynamique
collective qu’elle suscite, par‑delà les disciplines, les écoles et les conditions
d’exercice de chacune des revues, témoigne du sentiment de révolte que provoquent
ces réformes. Pour l’enseignement supérieur et la recherche, la réforme des retraites
telle qu’envisagée actuellement par le gouvernement conduira à l’accroissement
général des inégalités (entre hommes et femmes, entre titulaires et précaires, etc.)
et à l’appauvrissement futur de toutes et tous, fonctionnaires, contractuel∙le∙s ou
précaires. La réforme de l’assurance chômage augmentera, elle aussi, la vulnérabilité