« De la bouche même des indigènes ». On retrouve cette expression à l'ouverture d’écrits du xixe siècle, publiant des collectes de données linguistiques ou ethnographiques. Lire la suite
Elle fonctionne comme un argument d'autorité, attestant de l’authenticité des faits décrits, et dispense de donner le nom
des individus qui ont permis la production de ce savoir, ou quelque information que ce soit les concernant. Partant de cette expression, ce livre propose de mettre au jour la part langagière de l’entreprise coloniale en Afrique de l’Ouest, en redonnant la voix à ceux qui ont été largement invisibilisés dans les archives. Deux langues servent de fil directeur dans cette histoire : le bambara, langue de commerce d’Afrique de l’Ouest, qui a accompagné les explorations puis la conquête militaire ; le français, langue coloniale, qui se diffuse et s’impose, de façon paradoxale, en tâchant de maintenir les Africains colonisés dans une place subalterne. Récits de voyage, carnets de route, manuels de langue, correspondances, romans coloniaux, grammaires, dictionnaires, les sources mobilisées sont multiples et leur lecture attentive permet de retrouver la trace des interactions entre Africains et Européens. Cette édition permet d’y avoir accès et donne à voir la façon dont l’analyse s’est construite.
Liste des sources transcrites
Remerciements
Introduction
Chapitre 1. Les langues de l'exploration
Chapitre 2. Conquérir par les mots
Chapitre 3. L'armée, laboratoire linguistique
Chapitre 4. L’œuvre linguistique des missionnaires
Chapitre 5. De la langue à l’ethnie
Chapitre 6. Écrire sa langue dans celle de l’autre
Chapitre 7. De l’authenticité du petit-nègre
Chapitre 8. La fabrique du français « aofien »
Chapitre 9. L’Empire vous répond
Conclusion
Bibliographie