Cette étude examine le parcours migratoire des diplômés de la diaspora congolaise en Belgique (1990 à 2024) ainsi que leur réussite ou leur échec migratoire. Adoptant une approche ethnographique, elle étudie les processus par lesquels les diplômés de la diaspora congolaise s'insèrent sur le marché du travail belge et s’expriment sur leur sentiment de réussite ou d’échec migratoire.
L'analyse révèle que, malgré des obstacles structurels persistants – notamment le racisme, la discrimination, les effets du passé colonial et ce que nous appelons « trou migratoire », ces diplômés font preuve d'une résilience et d'une capacité d'action remarquables dans leurs efforts d'intégration sociale et professionnelle. Leur perception de la réussite est souvent ambivalente, influencée par leurs aspirations migratoires initiales, le contexte sociopolitique de la RDC, le degré de reconnaissance institutionnelle et sociétale en Belgique et la qualité de vie acquise après la migration. Néanmoins, ils font état d'améliorations tangibles dans des domaines tels que la sécurité personnelle, l'accès à une éducation de qualité pour leurs enfants, les services de santé et de meilleures perspectives d'emploi pour la prochaine génération.
Au-delà des indicateurs matériels de réussite et de positionnement social au sein de la société belge, la quête de reconnaissance apparaît comme un thème central, à la fois comme une aspiration personnelle et comme un projet collectif visant à favoriser des liens transnationaux plus forts entre la Belgique et la RDC, et à cultiver des liens affectifs et interculturels entre les communautés diasporiques et les sociétés d’accueil.