Les princes d'Occident ont cherché, entre le ixe siècle et le début du xvie siècle, à inscrire leur renommée dans un cadre pérenne, associé à leur emprise territoriale, et se sont appuyés pour ce faire sur l’Église et, en particulier sur des collégiales. Read More
Ils ont ainsi déployé des stratégies d'appropriation, voire de réappropriation dans le cas d’héritage ou de conquête d’un nouveau territoire. Se dessine alors une logique de privatisation de l’espace sacré, phénomène d’autant plus étonnant au moment où s’imposent les canons de la réforme grégorienne, qui cherche à séparer affaires profanes et sacrées. Ce volume réunit onze textes d’historiens, historiens de l’art et archéologues, qui appréhendent de manière transdisciplinaire les formes, manifestations et significations de l’appropriation princière des collégiales séculières, d’un point de vue monumental et documentaire. Ils s’intéressent à la présence réelle des princes en leurs collégiales, eux qui étaient les principaux voisins de ces églises ou qui les fréquentaient régulièrement. Ils interrogent les effets de la proximité princière sur la communauté canoniale. Sont analysés les marques et symboles des princes qui figurent dans les collégiales, qu’il s’agisse de signes sur les vitraux, de marques héraldiques sur les murs, de représentations symboliques des princes sur les textiles des desservants ou sur la matrice des sceaux des chapitres canoniaux. Ces études interrogent enfin le rôle des collégiales dans l’affirmation du pouvoir des princes, à travers les cérémonies qu’elles accueillaient et les dévotions aristocratiques dont elles furent le support. L’appropriation de ces institutions religieuses participe ainsi au rayonnement du maître des lieux sur sa principauté et devient l’un des fondements de sa légitimité.
Introduction, par Thomas Lacomme et Ewen Thual
Indices de la présence princière et effets de proximité
Laurent Ripart
Abbatiat princier et genèse des collégiales princières : l'exemple de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune aux temps post-carolingiens.
Paul Chaffenet
La collégiale Saint-Quentin : un lieu privilégié d'expression des liens personnels entre comtes de Vermandois et chanoines séculiers ? (xe-début du xiiie siècle)
Olivier Deforge et Thomas Lacomme
Présence et circulations des comtes de Champagne dans la chapelle de leur palais provinois et dans la collégiale Saint-Quiriace de Provins (xiie-xiiie siècles)
Vincent Tabbagh
En Bourgogne, le duc, la duchesse et trois collégiales (xiie-xve siècles)
Marques d’appropriation
Laurent Hablot et Paul-François Broucke
Lecture comparée de la mise en signe de collégiales bretonnes à la fin du Moyen Âge
Antoine Robin
Marquer son église : manifestions et fonctions de l’héraldique princière dans les collégiales des ducs de Bourbon
Julie Glodt
Les textiles liturgiques de la Sainte-Chapelle de Dijon : mémoire ducale ou « démarcation » royale ? (1419-1547)
Arnaud Baudin, Caroline Simonet et Jean-Luc Chassel
Les sceaux des collégiales princières (xiie-xve siècle)
Les collégiales, vecteurs privilégiés de la puissance princière
Véronique Gazeau
Culte marial et pouvoir politique en Normandie : le duc Guillaume et la collégiale de Cherbourg
Lucie Jardot
Stratégies territoriales et communication politique : les couples princiers bourguignons en leurs collégiales (xive-xve siècle)
Olivier Mattéoni
Géographie sacrale et politique à la fin du Moyen Âge : les ducs et duchesses de Bourbon en leurs collégiales
Conclusions, par Anne Massoni
Index locorum
Index nominum
Résumés
Table des matières